Je n’ai pas pour habitude de publier des textes d’autres personnes ici, mais celui la me tient à coeur.
Merci Millie pour ce billet.
Sur ce billet, tu ne trouveras ni vidéo, ni images… Ce soir, Millie ne publieras que des mots et puis ses maux aussi. Ce qui n’était qu’une rumeur la semaine dernière est devenu officiel hier. La direction de mon hôpital a décidé de fermer 7 lits au sein de mon unité. Pourquoi? tout simplement pour faire des économies. En effet, une unité de néonatalogie est déficitaire parce que pour s’occuper d’enfants prématurés il faut du personnel et du personnel compétent. Celui-ci fait exploser le budget du pôle mère-enfant auquel il est rattaché. Nicolas l’avait dit : le temps de la rigueur est arrivé, les comptables sont aux commandes. Ce qui a pour effet immédiat de réduire les lits dans mon service parce que qui dit fermeture de lits dit forcément réduction du personnel. Alors 7 lits c’est 7, 75 postes en moins d’auxiliaires de puériculture et pour les infirmières puéricultrices la direction ne s’est pas encore décidé: 2 voire 3 postes. Voilà, merci Nicolas, 10 ans de formation, d’implications bientôt peut être balayé, sacrifié sur l’autel de la comptabilité. Les patients sont devenus des clients, des statistiques et c’est tout.
Je ne m’inquiète encore pas trop pour moi, une infirmière est polyvalente et même si aujourd’hui l’idée de devoir retourner sur des services d’adultes ne m’enchante guère, du boulot s’y j’en veux j’en ai … Comme le nutella tiens! Non, ce qui m’inquiète c’est les enfants, les prématurés qui vont eux souffrir de cette réduction de lits. Parce que depuis janvier on descend jamais à moins de 14 bébés dans mon service ( je passe sur les jours où le taux d’occupations de lits est de 19 sur 19), je m’inquiète pour ces bébés qui vont devoir se balader sur les routes parce que dans mon service on sera plein, ces bébés qui devront attendre une place dans un service de néonatalogie à 70 kilomètres de leurs parents. Je m’inquiète aussi pour les bébés qui auront eux la chance d’avoir un lit dans mon service. Enfin la chance, je n’en suis pas sûre. Je m’explique: la néonatalogie devrait officiellement réduire son activité à 12 lits mais dans la réalité, je n’y crois pas. La réduction du personnel va avoir lieu mais pas celle de l’accueil, les enfants qui vont être amenés à naitre au sein de mon hôpital vont si leur état de santé le nécessite être pris en charge. Mais forcément au détriment des autres… Je m’explique pour pouvoir transférer un enfant sur un autre service il faut le mettre en condition. Mais cette mise en condition nécessite du personnel qui n’est pas prévu et qui va même disparaitre. Et pendant le temps où mes collègues et moi-même seront occupés auprès de l’enfant dont l’état de santé nécessite le plus de soins les autres n’auront qu’à attendre bien sagement dans leur incubateur sans faire de bêtises. De toute façon, ils n’auront pas le choix, les pauvres. Les locaux que l’on occupe aujourd’hui ne nous permettent pas d’être en salle de mise en condition et dans les soins post-réanimation. Du personnel en moins c’est du temps de présence en moins pour les bébés et leurs parents, du temps en moins pour faire téter les bébés pour le plaisir… Du personnel en moins c’est plus de source d’erreurs médicales, plus de temps d’hospitalisation, moins de soins de qualité, plus de séparations… Mais pour Nicolas Sarkozy et ma direction, c’est du fonctionnaire en moins et y’a que cela qui compte!
A bon entendeur salut…










